Deprecated: Methods with the same name as their class will not be constructors in a future version of PHP; JCommentsACL has a deprecated constructor in /web/ginungagap1/www/components/com_jcomments/classes/acl.php on line 17

« Je ne sais pas ce que tu as fait pour être envoyé à la Pataugeoire, gamin, mais j’espère que tu aimes avoir les pieds mouillés… Ça te fait rire ? Profite. Quand trois de tes orteils auront pourris, rongés par la shankrure, tu ne chanteras plus la même chanson. Bien sûr, on te parlera de ses couleurs à nulle autre pareille, des bleus intenses et des carmins que les natifs tirent des coquillages, on te vantera ses aubes incendiaires, ses brumes pailletées d’or, et le chant traditionnel et mélancolique des pêcheurs norrois ravaudant leurs filets… Mais tout ça c’est pour les poètes. Le quotidien d’un Patrouilleur c’est de moisir sur pied en arpentant la vase… »

La Mer Clapotante est une aberration géographique, des hectares sans fin de lagunes, de bancs de sable et de hauts fonds, de toundras de roseaux et de forêts noyées, le tout barbotant à moins de 1m 50 de profondeur… Les populations y sont nombreuses, comme le sont les opportunités commerciales. Au port de Cancagne, les pêcheurs fatigués ont appris à mettre les pieds sur la table, lorsque la mer, au soir, s’aventure à lécher le sol de la taverne. L’on pèche le Fichoïro, un poisson immangeable, prognathe et plein d’écailles, et dont on tire une colle qui se vante d’être la plus forte du monde. Le Père et la Mère sont deux anciens phares impériaux, des statues gigantesques, porteuses de fanal, abritant dans leurs flancs des masures empilées les unes sur les autres. Elles sont les deux plus grandes cités du territoire, depuis la chute de Monteluce, et croulent sous les arrivés massives de réfugiés qui s’amassent à leurs pieds, concrétions anarchiques de barcasses à demi coulées et de bidonvilles sur pilotis. Les communautés sont nombreuses et bigarrées : villages flottants de tresseurs de varech, hameaux hyleks proche de l’argile des marais, avec leur maisons cucurbites et semblables à des poteries, ou encore cabanes sur passerelles, perchées dans les figuiers banians, où sifflotent oiseleurs et plumassiers…

Les Hyleks sont des hommes grenouilles goitreux, aux traditions étranges et proches des aztèques

Le Cas Utruz

« Difficile de croire que ces grands dadais qui sentent la morue furent les premiers habitants de la Pataugeoire lors de son Âge d’Or, bien avant que ne naisse l’Empire. à les regarder en train de se dessécher au soleil, la bouche ouverte, l’œil vitreux, leurs grands corps dégingandés et léthargiques s’enfonçant lentement dans la vase, on se dit tout de suite que ces histoires de cités sous marines perdues, ces mystères autour de leur traditions thaumaturgiques ancestrales, et les racontars sur leur pouvoirs mystiques, leur mauvais œil, tout ça n’est que des bobards indignes même des ivrognes les plus avinés… Et pourtant quand j’étais dans la patrouille, bien avant que ces foutus serpents dévorent Jorik devant mes yeux, ou que Marika finisse par pourrir sur pied, rongée par la Shankrure, j’ai fréquenté un sidhe qui avait peur d’eux… Pas parce qu’il les trouvait sales, ou abyssalement idiots, non, ce n’était pas le genre de sentiment qui font qu’on expulse les utruz des tavernes quand ils viennent y mendier de l’alcool. C’était une peur respectueuse, une sorte de déférence effrayée qui le faisait baisser les yeux quand il croisait un de ces clochards amphibie… Je n’ai jamais compris… Mais ce sidhe, c’était un seigneur, un mage de terrain, pas un scribouillard de parchemin miteux. Non, un bonhomme, du genre à tenir tête à un nécronaute krait et sa horde de zombis dessalés… Mais son truc avec les Utruz… J’ai jamais compris. »

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir