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Voilà un texte écrit pour le projet Mage-punk dont on parlera plus en détail dès que possible... Nous escomptons affiner l'univers en répondant aux questions que le texte soulèvera peut-être... Donc lâchez-vous si vous avez la patience de nous lire...

Voici une version PDF en version parchemin / écriture manuscrite et illustration en prime.

Tombe la pluye sur Fézin l'enfumée. La silhoueste encapuchonnée d'un mage municipal se reflète vaguement dans une flaque grise, tandis que d'un claquement de doigts l'enlumineur assermenté qu'il est ravive en maugréant les lumières sorceresses perchées jusqu’au sommet des lampadaires.
Achevant d'uriner contre un de ces mâts de fer gravé de runes, Hovstgorod rajuste ses chausses et cherche, un peu pressé et mains engourdies par le froid, le ferret d'acier de son aiguillette. A peine si cesdit mage le remarque, tandis qu'il s'éloigne vivement, traînant sa carcasse maudite entre deux murs aveugles, sur lesquels s'entredévorent tribus d'annonces, feuillets et fableries diverses. "Faerie United, avec nous plus loin que les autres", "vivez centenaires grâce aux élixirs du Flooyant inc"... Le Confluent est un quartier pauvre, ses ismeubles encore noircis par les feux de la Guerre, façades désfigurées, bâtiments de guingois, iceux ne semblent parfois tenir que grâce aux affiches de réclame qui les phagocytent. La Billevesée... Encore une enfant du Rêve Éveillé, de cette longue nuit qui mis fin à la guerre, de cette poignée d'heures durant lesquelles le Vieux Monde en croisa un autre, une autre réalité qui se superposa à icelle, envahissant rêves et pensées de tout ce qui marche ou respire, comme les écorcheurs esforcent un bourg la dague au poing. Heures remplies de visions folles, d'engins hurlants, de charrois se mettant en branle sans chevaux, de boites à images, de grandes tours illuminées comme lampions et de pourparlers instantanés avec les antipodes. Une hallucination collective, pareille à un incendie dans les testes, tellement vif et violent que les dragons en périrent tous, les méninges en liesse, bavant et convulsifs, le sang coulant des oreilles, vomissant fiel et maintes humeurs, iceux pourtant anciens maîstres du monde, frères en guerre perpétuelle devenus en l'espace d'une nuit, rien d'autres que de grands corps malades et agonisants, pareil à des sabouleux torturés par le Haut Mal, se tordant de douleur au sol, en avalant leur langue.
Les peuples s'éstoient vite débarrassés de leur joug. Et sans la grande ombre des vouivres, la Guerre avait fané. Deux décennies à peine que l'on reconstruisait le monde, l'esprit encore enfaé par les visions de cet autre univers, prophétique. L’on bricolait plus qu'autre chose, mais il y avait force d’"avancées"... Maintenant les gens vivent au branle du Réseau, et de la Connexion Etherique, on s’échange toute sorte de biens du Levant au Ponant, et les marchands organisés en Méga-Guildes couvrent le moindre espace d'affiches et de feuillets en couleurs, vantant leurs marchandises. La Billevesée fleurit sur le moindre support.
Devant une de ces réclames au papier lépreux, une ribaude grelotte, abritant son conin maigre sous un vague auvent d'acier et de verre, noir de suie. Jeune et malingre, elle porte bustier léger à petite bretelle, et braies moulantes, en tissus rugueux et inusable, rivetées de cuivre, et copiées sur celles de l'Autre Monde.
La prothèse magikane sertie dans l'orbite senestre de Hvostgorod localise le temps d’une respiration son souteneur, un ogre massif, que la folie carnassière a amené à se ronger la viande et le cuir jusqu'au dessus du genou. Les quelques deniers que va rassembler la donzelle iront sûrement grossir la cagnotte du maquereau cul de jatte, achevant de lui payer des jambes artificielles, des membres de golem de chez Emet inc. A moins que ce ne soit de ces guiboles d'acier remplies de rouages et fabriquées par les Cloquemestres de Metalume...
Hvostgorod allonge le pas, il a froid. L’humidité crasse desgole sous son cuir noir de Kravacheur. Il lui tarde de s’écrouler sur une banquette, une corne d’hydromel en dextre, et d’écouter pleurer les trompettes rutilantes des orques. Au loin les cheminées des fours de raffinage crachent leur panache noirâtre qui retombe sur la ville trapue. D’entravers des brumes, percent les lanternes des fardiers qui dévalent les deux transversales, la C3c et la Transbrûme. Les charrois viennent en ronflant remplir le réservoir de leur engin dans une des tavernes-citernes du Confluent. Cela sent l’huile, le sang, la mandragore et le tabac froid. Enne voire ! C’est plus hardi qu’un cheval, mais certains ne s’habituent jamais au fumet, comme ce clan d’elfes dépenaillés, venus corir un sac d’épices, et qui s’enfuient à toutes jambes, un foulard plaqué sur la gole. Hvostgorod prend une profonde inspiration. Dentre la cité l’investit jusqu’aux bronches, il pousse l’huis du beuglant, se jette dans l’estuve bruyante de la Taverne-Citerne.

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